Nul ne peut contester
- pour aujourd'hui et pour demain - le rôle joué par les OT et SI à la fois
dans l'activité et au profit du développement touristique de notre
département.
Nous étions une
quarantaine d'OT et SI, il y a 15 ans ; puis 84 en 1994. Nous comptons
aujourd'hui 96 structures dans le réseau départemental des OT et SI du Nord.
Évolution quantitative, et non des moindres, parmi les quelques 3.700 OT et SI de France.
Et, surtout,
évolution qualitative.
C'est cet effort et
cette démarche de qualité que nous cherchons ici à jauger - sinon à évaluer
- moins au plan individuel (c'est l'objet des procédures de classement, de
labels et de normes) qu'au plan collectif.
C'est la seconde fois
que nous procédons à une telle étude.
La première étude
date de 1994. Elle portait sur tout le territoire régional et cherchait à
mesurer "l'impact des
OT et SI du Nord Pas de Calais sur l'activité touristique régionale".
Rapportée au
territoire départemental, c'est d'abord à une actualisation des données de
1994 que vise la seconde et présente étude. Cependant, elle a davantage
d'ambition que de rafraîchir des chiffres. Elle montre qu'une véritable prise
de conscience s'est faite - en l'espace de 5 années - à propos des enjeux que
représente l'activité touristique :
- Au plan de
l'économie et du développement local, donc de l'aménagement du territoire.
- Au plan également
de la qualité de la vie par la mise en valeur de la culture, du patrimoine et
des sites, des produits et par la construction d'images locales fortes.
- Au plan encore de la
décentralisation par la recherche d'une meilleure articulation des compétences
et le souci - encore trop timide - de faire jouer les complémentarités plutôt
que la concurrence.
- Au plan, primordial
aujourd'hui, de l'investissement humain que cela représente avec la priorité -
de plus en plus partagée par les OT et SI mais pas suffisamment par leurs
municipalités - qu'il faut accorder à la formation, donc à la
professionnalisation de tous ceux qui dialoguent avec les touristes.
- Au plan de
l'adaptation et de l'utilisation des technologies nouvelles de la communication.
Qui ne voit pas que l'information et la communication - dans leur performance -
constituent le cœur, le "noyau dur" d'une bonne organisation de
l'activité touristique ?
- Au plan des
relations sociales, enfin, car le tourisme, c'est la rencontre d'une population
nomade par choix à un moment donné, avec une population sédentaire. De cette
rencontre naît un enrichissement économique, social et culturel. Sur cette
rencontre se construit aussi l'ouverture au monde.
Les OT et SI sont une
interface privilégiée dans ce processus en construction. De leur capacité à
investir ce scénario complexe, de leur détermination à se dépasser, de la
qualité des ressources - et, au premier chef, les ressources humaines - qu'ils
mobilisent, de la qualité du lien relationnel qu'ils tissent, de la
détermination qu'ils montrent à être les ambassadeurs de leur département,
dépendent non seulement la place qu'on leur reconnaîtra dans le processus de
décision touristique, mais aussi leur crédibilité et leur légitimité tant
parmi les acteurs du tourisme qu'au jugement des touristes. En dépend aussi
leur ancrage dans l'avenir ; à partir d'une histoire riche du bénévolat
associatif et qui a démontré son utilité sociale avant de la doubler, demain,
de son utilité économique.
A ce compte, oui, les
OT et SI existeront encore en 2015 et pour le plus grand profit de tous.
Ils seront d'autant
plus solides qu'ils mettront à profit le réseau qu'ils constituent. C'est
aussi à cette force du réseau qu'est consacrée cette étude.
Les chiffres qui sont
ici alignés et les éléments d'analyse qui les traduisent ont vocation à
susciter "RÉFLEXIONS" et "ACTIONS" par la comparaison des
expériences, par la mise en balance des acquis positifs, d'une part, et des
incertitudes, insuffisances, et carences d'autre part.
Savoir que les moyens
financiers ou simplement matériels progressent est une bonne chose.
Savoir que l'effectif
du personnel a presque doublé depuis 1994 est une bonne chose aussi. Mais
ajouter que cet accroissement d'effectif ne débouche pas sur des qualifications
et des statuts satisfaisants, cela indique le sens des efforts à faire.
Savoir que les OT et
SI instrumentent une bonne part de l'animation locale est une bonne chose. Les
ramener à un rôle de comité des fêtes - notamment pour les plus petits -
n'est pas gage d'avenir radieux, ni de dépassement, ni d'ouverture.
Savoir - et dire - que
les OT et SI sont des moyens au service de politiques touristiques locales est
une bonne chose. Encore celles-ci peuvent-elles être mieux comprises et plus
efficacement mises en œuvre si très en amont, elles sont discutées avec les
OT et SI et consacrées dans de véritables conventions d'objectifs et dans des
formes élargies de partenariat. Il y a là l'assurance et la garantie que les
OT et SI sont autre chose que des "petites mains".
Savoir que dans les OT
et SI, les bénévoles restent fortement présents est une bonne chose. Savoir
que la génération en place ne trouve pas - ou trop peu - son prolongement pose
question.
Savoir que chaque OT
ou SI illustre sa commune ou son "terroir" est une bonne chose.
Prendre conscience que les territoires touristiques, les atouts et les
potentiels peuvent être davantage gênés qu'aidés par l'esprit de clocher
représente - représentera - une considérable avancée.
Savoir que l'OT ou le
SI est un espace accueillant, sorte de hall d'entrée dans la commune est une
bonne chose. Prendre conscience qu'il ne s'agit pas seulement d'attendre le
touriste - même si c'était 24 heures sur 24, et même avec la meilleure
politique de gestion de l'offre touristique locale - c'est comprendre qu'il nous
faut faire notre révolution. Il faut aller vers la demande, c'est-à-dire faire
sortir les personnels des OT et SI , rechercher et analyser la demande, bâtir
une véritable stratégie de la demande. C'est de cette manière que le tourisme
sera moins intra départemental ou intra régional et qu'il pourra faire
fructifier les "spécialités".
Voilà rappelés un
certain nombre d'acquis et posées les principales interrogations. En ce sens,
cette étude n'est pas qu'un bilan.
Elle est un ensemble
de matériaux pour un PLAN D'ACTION à définir sur la période 2000 - 2006,
pour et par l'ensemble du réseau départemental des OT et SI du Nord.
Jean-Claude MARQUIS
Président de l'UDOTSI du Nord
Éditorial étude État des Lieux - Avril 1999
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